Comment aider l'enfant à vivre la perte de ses dents de lait ?
"Mon fils Mathieu qui a presque 7 ans, a une peur démesurée de perdre ses dents de lait. Il en a déjà perdu deux en bas et l'a très mal vécu. Il refusait de les toucher lorsqu'elles bougeaient. Lorsqu'il a perdu la première dent, il a hurlé et pleuré, essayé de remettre la dent à sa place avec de la colle. Je lui avais pourtant bien expliqué en long et en large le pourquoi du comment (images à l'appui), son dentiste a fait pareil et il a vu quasiment tous ses copains perdre leurs dents. Lorsque la 2e dent est tombée, sa réaction a été la même, très violente. À présent, il a les deux dents de devant en haut qui bougent. Il ne les touche pas et ne veut pas qu'elles tombent. Une fois encore, aucune explication ne l'aide. Il reste profondément malheureux. Quant à la visite de la petite souris, cela ne l'intéresse pas du tout ! Que faire pour l'aider, je ne sais plus quoi lui dire. Que cache cette peur ?" demande cette maman.
La réaction forte de ce petit garçon face à la perte de ses dents de lait rappelle celle de Samantha que nous avons analysée dans un précédent article : quand la perte des dents de lait vire au drame.
Chez un garçon, le problème de la perte des dents de lait renvoie de manière plus prégnante à ce que la psychanalyse appelle l'angoisse de castration. Celle-ci est la peur de perdre sa puissance en étant dépossédé d'un attribut phallique: la dent. On peut donc se hasarder à poser l'hypothèse que ce jeune garçon a une identité sexuelle faible du fait d'un père lui-même faible ou trop peu présent. Cette identité sexuelle trop faible ne permet pas à Mathieu d'affronter sereinement l'étape de transformation corporelle qu'est la perte des dents de lait. Comment peut-il accepter de se dessaisir du peu de force masculine qu'il a (les dents) alors que par ailleurs il se sent si démuni du pouvoir d'agressivité ?
Le plus dommage est que c'est la maman qui cherche à aider son fils et se demande quoi faire pour l'aider. D'évidence, la maman est trop présente face à un père qui ne l'est pas assez. C'est au père qu'il appartient ici d'aider son fils en lui communiquant force, assurance, capacité à se défendre, image valorisante de soi en tant que garçon, toutes qualités masculines dont Mathieu manque cruellement. Quant à la maman, le mieux qu'elle puisse faire est de se mettre en retrait pour favoriser cette complicité masculine dont son fils a tant besoin.
À tout enfant qui pert ses dents de lait, il est important d'expliquer que ses vraies dents, des dents adultes pour l'instant cachées dans ses mâchoires, vont bientôt repousser. On peut pour cela prendre la métaphore de la graine qui germe avant de devenir visible. Sans oublier d'expliquer à l'enfant le sens de ses dents en devenir:les incisives centrales sont les dents du rayonnement. Il est important de l'inciter à les dessiner, à construire une histoire autour d'elles pour s'approprier leurs qualités et les rendre plus réelles. Car c'est leur manque supposé qui rend la perte des dents de lait insupportable. Assurer l'enfant de la présence de ses vraies dents, même si elles sont encore invisibles, ne peut que le rassurer et l'aider à franchir sereinement ce passage.
La réaction forte de ce petit garçon face à la perte de ses dents de lait rappelle celle de Samantha que nous avons analysée dans un précédent article : quand la perte des dents de lait vire au drame.
Chez un garçon, le problème de la perte des dents de lait renvoie de manière plus prégnante à ce que la psychanalyse appelle l'angoisse de castration. Celle-ci est la peur de perdre sa puissance en étant dépossédé d'un attribut phallique: la dent. On peut donc se hasarder à poser l'hypothèse que ce jeune garçon a une identité sexuelle faible du fait d'un père lui-même faible ou trop peu présent. Cette identité sexuelle trop faible ne permet pas à Mathieu d'affronter sereinement l'étape de transformation corporelle qu'est la perte des dents de lait. Comment peut-il accepter de se dessaisir du peu de force masculine qu'il a (les dents) alors que par ailleurs il se sent si démuni du pouvoir d'agressivité ?
Le plus dommage est que c'est la maman qui cherche à aider son fils et se demande quoi faire pour l'aider. D'évidence, la maman est trop présente face à un père qui ne l'est pas assez. C'est au père qu'il appartient ici d'aider son fils en lui communiquant force, assurance, capacité à se défendre, image valorisante de soi en tant que garçon, toutes qualités masculines dont Mathieu manque cruellement. Quant à la maman, le mieux qu'elle puisse faire est de se mettre en retrait pour favoriser cette complicité masculine dont son fils a tant besoin.
À tout enfant qui pert ses dents de lait, il est important d'expliquer que ses vraies dents, des dents adultes pour l'instant cachées dans ses mâchoires, vont bientôt repousser. On peut pour cela prendre la métaphore de la graine qui germe avant de devenir visible. Sans oublier d'expliquer à l'enfant le sens de ses dents en devenir:les incisives centrales sont les dents du rayonnement. Il est important de l'inciter à les dessiner, à construire une histoire autour d'elles pour s'approprier leurs qualités et les rendre plus réelles. Car c'est leur manque supposé qui rend la perte des dents de lait insupportable. Assurer l'enfant de la présence de ses vraies dents, même si elles sont encore invisibles, ne peut que le rassurer et l'aider à franchir sereinement ce passage.
En savoir plus sur les dents de lait et leurs atteintes : le Dictionnaire du langage de vos dents (présenté sur le site des éditions Luigi Castelli).
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16 Août 2008 à 19:37 dans
- Questions-réponses


